HISTOIRE – Fribourg et Genève: leur dernier haut-fait en National League

HISTOIRE – Fribourg et Genève: leur dernier haut-fait en National League

Illustration: PH

Fribourg-Gottéron traîne avec lui une histoire particulière en Suisse: celle d’un club populaire, souvent magnifique… mais éternellement en quête d’un premier titre. Et s’il y a un moment qui résume à lui seul ce mélange d’exploit et de frustration, il faut remonter à la finale de 2013, la dernière grande épopée des Dragons en championnat, abondamment racontée à l’époque par la presse romande. Ce printemps-là, Gottéron renverse tout sur son passage. Sur la RTS (TSR, encore à l’époque), on parle d’une équipe «en mission», portée par un élan collectif rare et une ferveur exceptionnelle à Saint-Léonard. La qualification pour la finale est arrachée avec autorité face à Zurich, notamment grâce à un jeu rapide, direct et inspiré. Lors du match décisif, ce sont Adam Hasani (2 buts), Benjamin Plüss, Michael Ngoy et Simon Gamache qui envoient définitivement Fribourg en finale.

Ce rendez-vous face au SC Bern s’inscrit dans une longue série de rendez-vous manqués, mais aussi dans une tradition d’exploits. Car Gottéron n’en est pas à son coup d’essai: déjà dans les années ’90, le club avait atteint plusieurs finales, notamment contre Kloten et Berne, sans jamais parvenir à décrocher le titre, malgré la présence des spoutniks Andrei Khomutov et Slava Bykov. En 2013, pourtant, l’espoir est immense. La presse romande insiste sur la maturité du groupe, la solidité défensive et l’intensité émotionnelle qui entoure l’équipe. Mais comme souvent dans l’histoire fribourgeoise, le rêve s’arrête au dernier moment. Berne impose sa loi en finale (2-4 dans la série), laissant les Dragons une nouvelle fois vice-champions (les Dragons perdent la manche décisive 2-3 devant leurs fans). Un scénario cruel, presque familier, qui nourrit encore aujourd’hui le récit du club: celui d’un outsider capable de coups d’éclat, mais à qui il manque toujours ce dernier pas.

Avec le recul, cette campagne 2013 reste la référence moderne du club (hors Coupe Spengler). Elle incarne tout ce qui fait Gottéron: une équipe capable de transcender son niveau en playoffs, portée par son public et une identité forte, mais aussi cette part de tragique qui colle à son histoire. Depuis, malgré d’autres parcours solides, aucune aventure n’a vraiment égalé cette intensité. Dans les archives romandes, cette finale n’est donc pas seulement un souvenir sportif. Elle est devenue un symbole: celui d’un club qui touche régulièrement les sommets sans jamais s’y installer, et dont chaque nouvelle campagne ravive l’espoir de enfin briser ce plafond de verre.

Dix ans plus tard…

Pour Genève-Servette HC, l’histoire récente s’écrit en lettres d’or, et contrairement à d’autres clubs romands, elle a connu son aboutissement ultime. Le printemps 2023 reste gravé comme le moment où les Aigles ont enfin touché le Graal, un titre de champion de Suisse longtemps attendu et largement célébré dans toute la presse romande. Dès le début des playoffs, les Genevois dégagent quelque chose de différent. Dans les analyses des médias romands, il est souvent question d’une équipe «complète», capable de gagner de toutes les manières: solide derrière, efficace devant, et surtout redoutable dans la gestion des moments clés. Ce Genève-là ne brille pas toujours, mais il ne rompt presque jamais. Tour après tour, il avance avec une maîtrise impressionnante, éliminant ses adversaires avec une forme de sang-froid rarement vue à ce niveau.

La finale face au HC Bienne cristallise cette impression. Une série tendue, indécise, où chaque détail compte. Les médias romands parlent alors d’un duel d’échecs, d’une bataille de nerfs plus que d’un feu d’artifice offensif. Et dans ce contexte, Genève fait la différence grâce à sa discipline tactique et à sa capacité à capitaliser sur les erreurs adverses. Le match décisif (le septième de la série), remporté à domicile (4-1), libère toute une ville. Les images de la patinoire en fusion, reprises en boucle, témoignent de l’ampleur de l’événement. Au cœur de ce sacre, plusieurs figures émergent. Teemu Hartikainen en poids offensif inconstant mais décisif, Sami Vatanen qui incarne le leadership et la maîtrise à la ligne bleue, ou encore Daniel Winnik qui symbolise l’impact physique et l’expérience… Devant le filet, Robert Mayer, s’impose comme l’un des artisans majeurs du titre, multipliant les arrêts décisifs dans les moments les plus chauds. Mais au-delà des individualités, c’est surtout la force du collectif qui est mise en avant par les observateurs romands.

Ce titre de 2023 n’est pas seulement une victoire sportive. Il marque l’aboutissement d’un projet construit sur plusieurs années, après des finales perdues et des campagnes frustrantes. La presse insiste sur cette dimension de délivrance: Genève n’est plus seulement un prétendant, mais un champion légitime (qui deviendra champion d’Europe quelques mois plus tard). Depuis, ce sacre sert de référence et de point d’ancrage. Chaque nouvelle campagne est comparée à celle-ci, chaque équipe jugée à l’aune de ce groupe qui a su aller au bout. Et dans un championnat suisse toujours plus compétitif, ce titre reste la preuve que Genève-Servette peut non seulement rivaliser avec les meilleures équipes du pays, mais aussi les battre quand l’enjeu atteint son sommet.

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