Au moment où les clubs de National League et de Swiss League ont repris leur préparation estivale, un nom se retrouve dans une situation inhabituelle : Kevin Bozon est sans contrat. Le HC Ajoie a officialisé début juin son départ dans le cadre de la profonde restructuration engagée par le club jurassien. Après cinq saisons terminées à la dernière place de National League, les dirigeants ont choisi de remodeler leur effectif et leur organisation sportive. Dans cette opération de renouvellement, l’international français ne fait plus partie des plans du club.
L’information est passée presque discrètement au milieu de l’annonce des arrivées de Deniss Smirnovs et Jeremi Gerber. Pourtant, elle marque la fin d’un chapitre important pour le joueur haut-savoyard. Présent à Ajoie depuis 2022 après plusieurs saisons à Winterthour, Bozon aura disputé 165 rencontres sous les couleurs ajoulotes pour un total de 22 points. À 30 ans, l’attaquant français à licence suisse se retrouve ainsi sur le marché au moment où la plupart des effectifs sont déjà largement constitués. Une situation d’autant plus délicate que la préparation physique estivale constitue aujourd’hui une phase essentielle de la saison. Les joueurs sans contrat doivent s’entraîner individuellement, tout en restant à l’affût d’une opportunité qui peut surgir à tout moment.
Aujourd’hui, le cadet de la fratrie Bozon (30 ans) se retrouve face à un nouveau défi. Son expérience de la National League, sa licence suisse et son statut d’international français constituent des atouts réels sur le marché. Mais à quelques semaines du début des camps de préparation, les places disponibles se font rares. Reste à savoir si un club de National League ou Swiss League cherchera un ailier expérimenté capable d’encadrer un vestiaire, ou si une opportunité pourrait émerger en France.
Un profil qui peut encore séduire
Car le profil de Kevin Bozon a souvent été mal compris. Fils de Philippe Bozon et frère de Tim Bozon, son principal atout réside dans sa lecture du jeu. Bozon est un ailier de soutien qui excelle davantage dans les détails que dans la production offensive brute. Il conserve une bonne compréhension des structures défensives et des transitions. Ses entraîneurs l’ont régulièrement utilisé dans des rôles de profondeur, notamment pour fermer les lignes de passe et soutenir le travail des centres dans la zone neutre. Bozon lit rapidement les situations. Il anticipe bien les sorties de zone adverses et se positionne efficacement dans les systèmes de pression. Capable d’évoluer sur plusieurs trios, il peut jouer dans des missions défensives comme dans un rôle de complément offensif. Cette flexibilité a contribué à sa longévité dans le championnat de Suisse. Son travail loin du disque est souvent sous-estimé. Il revient profondément dans sa zone, aide les défenseurs et limite les espaces dans les couloirs extérieurs. Avec 1,87 m pour 93 kg, il possède un gabarit adapté au hockey moderne sans être un véritable power forward.
Par contre, sa production offensive limitée constitue le principal frein de sa carrière au plus haut niveau. Bozon crée des situations mais ne transforme pas suffisamment les occasions pour occuper durablement un rôle offensif majeur en National League. Ses statistiques à Ajoie illustrent cette difficulté à peser régulièrement sur la feuille de match. Voici deux saisons qu’il n’a pas marqué le moindre but pour Ajoie. Son premier coup de patin est correct mais pas élite. Face aux équipes les plus rapides du championnat suisse, il ne dispose pas toujours de la vitesse nécessaire pour créer seul des décalages.
À 30 ans, Kevin Bozon apparaît comme un ailier de troisième ligne fiable capable d’évoluer sur une deuxième unité défensive ou de penalty-kill. Dans une équipe ambitieuse de Swiss League ou dans un projet de milieu de tableau en élite, il peut encore apporter de la stabilité, de l’expérience internationale et un volume de jeu appréciable. Il n’est probablement plus un joueur destiné à porter une attaque. En revanche, il demeure un hockeyeur de structure, discipliné et intelligent, le type de profil que les entraîneurs apprécient souvent davantage que le grand public. Aujourd’hui sans club, il reste néanmoins un joueur dont le profil peut encore séduire plusieurs organisations. Qui fera le pas?






















































