Blankenberge (BEL)
Philippe Ducarroz
Alors que beaucoup voyaient la BeNe League comme une simple compétition réunissant la Belgique et les Pays-Bas, le projet prend une toute autre ampleur à partir de 2023. Ce qui n’était au départ qu’une ligue du Benelux se transforme progressivement en un championnat international, avec l’ambition affichée de dépasser les frontières historiques et de devenir une référence pour les pays européens de deuxième rang. Le tournant intervient lorsque deux clubs allemands, le EHC Neuwied et EG Diez-Limburg, se retrouvent sans championnat à la suite d’une réorganisation de la Regionalliga West germanique. Plutôt que de rester inactifs, les deux pensionnaires allemands acceptent l’invitation des dirigeants de la BeNe League. Leur arrivée change immédiatement la physionomie de la compétition. Pour la première fois, le championnat ne se limite plus aux clubs belges et néerlandais. Le niveau sportif s’élève encore, de nouvelles rivalités voient le jour et les affiches gagnent en attractivité. Très vite, Neuwied démontre qu’il ne vient pas simplement faire de la figuration. Soutenu par un public nombreux et porté par un projet ambitieux, le club allemand s’impose rapidement comme l’une des nouvelles puissances du championnat.
Face à cette nouvelle réalité, les responsables de la ligue comprennent que l’appellation BeNe League ne correspond plus à la dimension prise par la compétition. À l’approche de la saison 2024/25, un changement majeur est officialisé: la ligue devient la Central European Hockey League (CEHL). Ce nouveau nom ne constitue pas un simple exercice de communication. Il traduit une ambition clairement assumée: attirer à l’avenir d’autres clubs issus de pays voisins et bâtir un véritable championnat régional capable de réunir plusieurs nations d’Europe centrale et occidentale. Pendant quelques mois, tous les voyants semblent au vert. La ligue a survécu à la pandémie, elle accueille désormais des équipes allemandes et affiche un projet de développement plus ambitieux que jamais.
Sportivement, cette nouvelle ère est sans doute la plus relevée de toute l’histoire de la compétition. Les deux clubs allemands modifient rapidement l’équilibre des forces et poussent les équipes belges et néerlandaises à hausser encore leur niveau de jeu. Neuwied atteint d’abord la finale avant de décrocher deux titres consécutifs, confirmant son statut de nouvelle référence de la CEHL. Avec ces sacres, les Bears rejoignent HYC Herentals, Heerenveen Flyers et Bulldogs Liège parmi les seuls clubs à avoir remporté le championnat à deux reprises. Cette alternance permanente au sommet reste d’ailleurs l’une des grandes réussites de la ligue: contrairement à de nombreux championnats européens, aucune dynastie ne s’est véritablement installée et la course au titre est restée ouverte pratiquement chaque saison. Ironiquement, c’est au moment où la CEHL semble la plus forte sur la glace que les premières fissures réapparaissent en coulisses. Derrière cette réussite sportive se cachent en effet des difficultés économiques et structurelles qui finiront par remettre en cause l’avenir même de la compétition.
(À suivre demain)





















































