Après des années à frôler le sommet, la Suisse estime que son heure est peut-être arrivée. À une encablure du Mondial 2026 disputé à domicile, la sélection helvétique avance avec des ambitions immenses: décrocher enfin la première médaille d’or de son histoire. Et rarement le contexte n’a semblé aussi favorable. Vice-champions du monde lors des deux dernières éditions, les Suisses arrivent cette fois avec un statut inédit. Battus en finale par la Tchéquie en 2024 puis par les États-Unis après prolongation en 2025, les hommes de Jan Cadieux occupent désormais la deuxième place du classement mondial derrière les Américains. Surtout, la Nati impressionne par sa régularité. Lors de ses 35 derniers matchs de phase de groupes aux Mondiaux, elle n’a perdu qu’à cinq reprises. Autrement dit: la Suisse n’avance plus comme un outsider sympathique. Elle fait désormais partie des géants.
Le tournoi commencera fort vendredi avec un choc contre les États-Unis à Zurich. Ensuite viendront la Lettonie, l’Allemagne, l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Hongrie puis la Finlande. Sur le papier, la qualification pour les quarts semble presque une formalité. L’effectif suisse pourra compter sur plusieurs joueurs établis en NHL, notamment Roman Josi et Nico Hischier, tous deux capitaines dans la meilleure ligue du monde. Janis Moser rejoint aussi l’équipe après une excellente saison avec Tampa Bay. Quelques inquiétudes demeurent toutefois en défense avec les absences de Jonas Siegenthaler et Andrea Glauser. Le cas Philipp Kurashev reste également incertain. Mais au-delà de la glace, l’équipe a dû traverser une véritable tempête ces dernières semaines.
L’affaire entourant l’ancien sélectionneur Patrick Fischer et son faux certificat Covid a secoué tout le hockey suisse. Selon le directeur de l’équipe nationale Lars Weibel, le groupe a d’abord dû “passer en mode survie” afin de préserver son énergie mentale. Pour éviter les distractions, les Suisses se sont volontairement coupés du monde pendant la préparation. Une stratégie assumée. «Nous avons créé une bulle encore plus stricte que prévu. Nous voulons vivre ce Mondial comme s’il se disputait à l’étranger.» explique Weibel. Dans ce contexte tendu, Cadieux a hérité du poste de sélectionneur presque du jour au lendemain. Mais son intégration rapide rassure tout le monde à l’interne. Josi, capitaine de la sélection, assure que le groupe est aujourd’hui plus uni que jamais. «Nous avons traversé énormément de choses ensemble. Cette équipe possède une vraie force collective», affirme la star des Predators. Et concernant les ambitions? Le message est limpide: «La médaille d’or est clairement notre objectif.»






















































