AMBRÌ
FILIPPO FRIZZI
«Alors Tommy, tu vas encore partir en vacances avec tes amis de toujours, maintenant que tu es devenu capitaine?» C’est l’un des nombreux messages reçus par Tommaso De Luca, qui fêtera ses 22 ans à la fin du mois de décembre. Ces derniers jours, il a été nommé nouveau capitaine des Léventins. De Luca est le premier capitaine de nationalité italienne dans la longue histoire du club biancoblù. Pourtant, «Tommy», pilier de l’équipe nationale italienne, est bien plus suisse qu’on pourrait le penser.
Le jour de la reprise des entraînements sur la glace de la Gottardo Arena, Lars Weibel nous avait annoncé que l’Ambrì allait nommer un nouveau capitaine. Vous attendiez-vous à ce que le choix se porte sur vous?
Si je dois être sincère, non : cela a été une véritable surprise. J’entame ma quatrième saison en équipe première à Ambrì, je connais le fonctionnement du club et, après les messages envoyés par Weibel en fin de saison, on pouvait s’attendre à ce que la nouvelle philosophie entraîne des changements. Mais je ne pensais certainement pas avoir le C sur le maillot. Je suis très heureux et honoré du choix effectué par le club. Je ferai tout mon possible pour montrer que je suis à la hauteur.
Vous êtes né à Aoste, mais dès votre plus jeune âge, vos parents vous ont emmené patiner de l’autre côté de la frontière, en Valais, à Martigny…
J’ai passé mes cinq ou six premières années dans les équipes juniors à Aoste avant de passer deux ou trois saisons à Martigny, puis d’arriver au Tessin avec ma famille, où mon père avait obtenu une bonne opportunité professionnelle.
Vous êtes pratiquement né avec des patins aux pieds, puisque votre père Paolo a lui-même été joueur avant de devenir entraîneur…
Mon père est un ancien joueur et, depuis que je suis petit, j’allais voir ses matches, même s’ils étaient disputés au niveau amateur. Je me suis immédiatement passionné pour ce sport : la vitesse du jeu, les contacts physiques et le patinage m’ont fasciné.
Après avoir franchi les différentes étapes de la formation junior à Ambrì, vous avez effectué le grand saut outre-Atlantique, avant même vos 18 ans, à destination de Spokane. Quelle expérience avez-vous vécue dans l’État de Washington ?
Cela a été une expérience de vie incroyable, aussi bien sur le plan sportif qu’humain. La vie des jeunes passionnés de hockey sur glace est complètement différente là-bas. J’étais loin de chez moi pour la première fois de ma vie et j’ai appris à me débrouiller seul et à vivre comme un adulte.
Cette expérience restera certainement toujours dans vos souvenirs, même si votre absence en Amérique du Nord vous a fait perdre votre statut de “joueur assimilé” et donc la possibilité de continuer à porter le maillot suisse, comme vous l’aviez fait dans les catégories juniors…
C’est exact. En raison de cette année passée aux États-Unis, je n’ai pas pu obtenir mon passeport à temps pour disputer les Mondiaux U20 avec la Suisse. Cela m’a déçu, mais les règlements sont désormais clairs : j’avais interrompu mon parcours de formation en Suisse et j’ai donc été sélectionné avec l’Italie, le pays où je suis né.
Au cours de ces années en Léventine, vous avez partagé le vestiaire avec de nombreux joueurs. Avec lequel avez-vous le plus noué de liens? Et lequel était le plus fou?
Avec Zwerger, nous nous sommes toujours très bien entendus, sur et en dehors de la glace, même s’il était Autrichien et ne parlait pas un mot d’italien. DiDomenico était sans aucun doute le plus fou. Mais attention : lorsqu’il entrait sur la glace, il était extrêmement professionnel.
Après quelques matches amicaux, le nouvel Ambrì commence à prendre forme…
Il y a un vent nouveau. Le groupe est très soudé, l’équipe est très jeune et cela pourrait faire du bien à tout le monde. Les joueurs sont ainsi assez proches les uns des autres et cela permet peut-être d’éviter la formation de petits groupes, comme cela a pu être le cas par le passé. Ce sera bénéfique pour l’équipe.
Selon des personnes bien informées, vous n’aviez pas besoin du “C” sur le maillot pour vous comporter en capitaine. Vos amis proches assurent en effet que, durant les vacances, vous avez toujours été leur leader. Allez-vous encore partir en vacances avec vos coéquipiers de l’équipe nationale italienne?
Sans aucun doute, on ne change pas les bonnes habitudes. J’essaierai de marquer un but à Davide (Réd.: Fadani), tandis que j’espère pouvoir gagner un derby afin de pouvoir chambrer un peu Marco (Réd.: Zanetti).
Un vent nouveau souffle sur la Léventine. Le président Davide Mottis et le general manager Lars Weibel misent sur une équipe rajeunie, et la décision de confier le capitanat à De Luca s’inscrit parfaitement dans cette politique. Mais De Luca a toujours assumé ses responsabilités face aux journalistes, dans les moments de joie comme dans les périodes plus difficiles. Pour Tommy, ce nouveau rôle représente un immense honneur. Le joueur né à Aoste, qui vit à Biasca, ne s’est jamais dérobé devant les responsabilités.

