Lorsque les Coyotes de l’Arizona l’ont sélectionné au 11e rang du repêchage 2019, Victor Söderström était considéré par de nombreux recruteurs comme l’un des défenseurs les plus intelligents de sa génération. Sept ans plus tard, son profil n’a pas fondamentalement changé: il reste un arrière construit pour contrôler le jeu avec la rondelle plutôt que pour imposer sa loi physiquement. Ce qui revient le plus souvent dans les rapports de scouts nord-américains est sa capacité à traiter rapidement l’information. Söderström identifie vite les lignes de passe, les espaces libres et les mouvements adverses. Il est rarement spectaculaire dans ses décisions, mais il choisit généralement l’option la plus efficace. Cette intelligence situationnelle lui permet de ressortir proprement les pucks sous pression et de limiter les pertes de possession. Plusieurs recruteurs de la NHL l’ont longtemps décrit comme un défenseur «low risk, high IQ», capable de faire progresser le jeu sans avoir besoin de forcer les actions.
À son année de draft, certains observateurs considéraient même son coup de patin comme son meilleur outil. Son accélération est fluide, ses changements de direction rapides et son équilibre très solide. Il n’est pas un patineur explosif à la manière d’un Cale Makar, mais il possède une mobilité supérieure à la moyenne qui lui permet de fermer rapidement les espaces défensifs et d’accompagner efficacement les transitions offensives. En Europe, où les surfaces sont plus grandes, cette qualité prend encore davantage de valeur.
Un spécialiste de la première relance
La majorité des scouts européens le considèrent avant tout comme un défenseur de possession. Sa première passe de est probablement son arme la plus constante. Il casse régulièrement le premier rideau adverse grâce à des passes tendues et précises. Lorsque la ligne de passe n’existe pas, il est capable de transporter lui-même la rondelle sur plusieurs mètres pour créer une sortie de zone contrôlée. C’est précisément ce type de profil que recherchent aujourd’hui de nombreuses équipes européennes: un défenseur capable de transformer une récupération défensive en séquence offensive.
Contrairement à certains défenseurs offensifs purs, Söderström n’est pas un créateur ultra-agressif. Il produit davantage par la qualité de ses lectures que par son flair offensif. Ses meilleures saisons surviennent lorsqu’il reçoit des responsabilités importantes en avantage numérique et lorsqu’il touche fréquemment la rondelle. Son année exceptionnelle avec Brynäs, conclue par le trophée Salming du meilleur défenseur suédois, a confirmé cette réalité. Avec du temps de glace et de la confiance, il peut dépasser les 40 points sur une saison européenne. Son tir est bon sans être élite. Il est plus dangereux dans la distribution et les décalages que par la puissance de son lancer.
Pourquoi il n’a jamais totalement percé en NHL? C’est la question que se sont posée plusieurs organisations. Les recruteurs nord-américains s’accordent généralement sur un point: Söderström possède des qualités NHL, mais pas forcément une caractéristique dominante au niveau NHL. À 1m84 pour près de 90 kilos, il n’est pas petit, mais il n’est pas non plus un défenseur intimidant. Il ne joue pas un hockey particulièrement physique et ne gagne pas systématiquement les batailles le long des bandes contre les attaquants les plus puissants. Dans la NHL moderne, les défenseurs offensifs doivent souvent soit produire énormément, soit posséder un gabarit exceptionnel. Söderström s’est retrouvé entre ces deux catégories. Plusieurs rapports des Bruins et des Coyotes évoquaient également un manque d’impact dans les situations chaotiques près du filet, là où la NHL exige souvent davantage de robustesse et d’agressivité.
Homme à tout faire
À 25 ans, Söderström semble taillé pour devenir un défenseur majeur en Europe. Il peut jouer plus de vingt minutes par match, diriger une unité de power-play, affronter les meilleurs trios adverses et contribuer dans toutes les phases de transition. Dans une National League où la vitesse d’exécution et la qualité des sorties de zone sont devenues essentielles, son profil apparaît particulièrement adapté. Bienne ne signe donc pas un ancien choix de premier tour en quête de rédemption. Le club se procure surtout un défenseur right-shot dans son prime athlétique, doté d’une excellente mobilité, d’un QI hockey élevé et capable d’orchestrer le jeu depuis l’arrière. Son plafond n’est probablement plus celui d’un défenseur vedette de NHL. S’il reproduit le niveau affiché lors de sa dernière campagne à Brynäs, il pourrait rapidement s’imposer parmi les meilleurs défenseurs offensifs du championnat suisse.





















































