Chaque année, ou presque, les prédictions sont identiques. Les SCL Tigers devraient lutter pour éviter les dernières places. Les Tigers devraient manquer de profondeur. Les Tigers devraient finir par céder face aux grosses cylindrées du championnat.
Et pourtant. Depuis plusieurs saisons, Langnau est devenu l’un des adversaires les plus désagréables à affronter de toute la National League. Dans son Emmental, devant un public fidèle et passionné, le club a appris à maximiser chacune de ses ressources.
La saison 2026/27 s’annonce dans la continuité de cette philosophie. Sans stars internationales majeures. Sans budget extravagant. Mais avec une identité toujours aussi claire.
Le poste de gardien représente l’une des forces discrètes du contingent. Robin Meyer a confirmé ces dernières saisons qu’il pouvait être davantage qu’une simple solution de transition. À 25 ans, il semble prêt à prendre définitivement les commandes de la cage emmentaloise. L’expérimenté Luca Boltshauser offre une assurance précieuse tandis que le jeune Franco-Suisse Martin Neckar continue sa progression. Ce trio permet à Thierry Paterlini d’aborder la saison avec une certaine sérénité.
Sur le papier, la défense des Tigers ne fait pas les gros titres. Mais elle possède plusieurs qualités essentielles. Juuso Riikola apporte son expérience acquise entre la NHL, la KHL et la sélection finlandaise. Santtu Kinnunen continue de s’imposer comme une pièce importante du dispositif défensif. Phil Baltisberger reste fidèle à son rôle de défenseur rugueux et difficile à affronter. Derrière eux, Noah Meier, Bastian Guggenheim ou Arno Nussbaumer offrent une profondeur intéressante. Et comme souvent à Langnau, plusieurs jeunes talents pourraient rapidement gagner du temps de jeu. Simon Bär, Tim Mathys ou Gian Meier figurent parmi les joueurs à suivre.
Jonathan Dahlén, l’attraction offensive
Le recrutement du Suédois Jonathan Dahlén a immédiatement attiré l’attention. Ancien grand espoir du hockey suédois et ancien joueur NHL, il possède un talent offensif rare pour un club du profil de Langnau. S’il retrouve son meilleur niveau, il pourrait devenir l’un des attaquants les plus influents du championnat. Mais il ne sera pas seul. Emil Pettersson reste l’un des centres les plus intelligents de National League tandis qu’André Petersson demeure un buteur redoutable malgré ses 35 ans. Le trio scandinave représente probablement l’une des meilleures lignes offensives jamais réunies dans l’histoire récente du club.
Au-delà des étrangers, Langnau conserve ce qui fait sa force. Julian Schmutz, Flavio Schmutz, Jérôme Bachofner, Nando Eggenberger ou Joel Salzgeber incarnent parfaitement la culture du travail chère aux Tigers. Ces joueurs ne monopolisent pas les projecteurs. Mais ils permettent à l’équipe de rester compétitive chaque soir. Dans une ligue de plus en plus dominée par les budgets et les vedettes, cette identité demeure précieuse.
Quant à Thierry Paterlini, il poursuit sa construction L’entraîneur suisse a progressivement transformé l’image du club. Langnau n’est plus simplement une équipe courageuse. C’est désormais une équipe organisée, disciplinée et capable de rivaliser tactiquement avec les meilleures formations du championnat. Cette évolution explique en grande partie les progrès réalisés ces dernières années.
Les Tigers ont franchi un cap. Pendant longtemps, le maintien constituait un objectif suffisant. Aujourd’hui, les attentes ont changé.
Avec ce contingent, une qualification pour le play-in apparaît comme un objectif réaliste. Une place dans le top 10 semble largement à portée.
Mais Langnau possède encore cette capacité unique à faire déjouer les favoris. Les SCL Tigers ne disposent pas du talent individuel de Zurich, Lausanne ou Berne. Ils ne possèdent pas non plus les moyens financiers de Zoug ou Davos. En revanche, ils disposent d’une chose que beaucoup d’adversaires redoutent. Une identité. Une cohésion. Et une patinoire où il est toujours extrêmement difficile de gagner. C’est précisément pour cette raison que les Tigers continueront à déranger beaucoup de monde cette saison.
Et peut-être, une nouvelle fois, à finir plus haut que prévu.






















































