Ambrì
Par Filippo Frizzi
«Bienvenue de retour au Tessin, cher Lars. Dommage que tu aies choisi les mauvaises couleurs.» C’est l’un des messages ironiques que Lars Weibel a reçus de la part de certains de ses anciens coéquipiers luganais lorsqu’il a été nommé directeur sportif d’Ambri-Piotta. Plusieurs mois se sont écoulés depuis cette annonce, mais Weibel ne débutera officiellement son aventure léventine que dans quelques jours, à partir du 1er juillet. Entre-temps, beaucoup de choses se sont passées du côté de la Gottardo Arena. D’abord l’arrivée de Jussi Tapola à la place du duo Landry–Matte, puis la gestion du dossier Chris DiDomenico. Enfin, la prolongation de Tapola pour les trois prochaines saisons. On ne peut pas dire que cet Ambri-Piotta ne porte pas déjà l’empreinte de Weibel.
Les plus jeunes l’ignorent peut-être, mais Weibel — ancien gardien de Zoug, Davos et Lugano — a remporté le titre helvétique de 1999 en tant que doublure de Cristobal Huet. Il s’agissait de la fameuse finale 100% tessinoise entre Lugano et Ambri-Piotta. À l’époque, le jeune Lars ne parlait pas un mot d’italien. Au fil des années, il a toutefois côtoyé de nombreux joueurs et entraîneurs italophones. Son niveau s’est donc naturellement amélioré «Je dois encore progresser, reconnaît le nouveau directeur sportif des Biancoblù. Après mon expérience à Lugano, j’ai perdu beaucoup de vocabulaire. Depuis deux semaines, je suis de retour au Tessin et je suis quotidiennement confronté à des e-mails et à des entretiens en italien. Je suis déjà satisfait de pouvoir exprimer mes idées dans cette langue.»
Aurait-il imaginé revenir au Tessin 27 ans après son passage à Lugano? «Pour être honnête, il y a encore un an, je ne savais pas ce que je ferais à l’avenir. Avec l’équipe nationale, nous étions concentrés sur les Championnats du monde en Suisse. Puis l’appel d’Ambri est arrivé et j’ai choisi de prendre une nouvelle direction. Je suis convaincu qu’il existe un grand potentiel en Léventine, et tous les clubs de National League ne peuvent pas en dire autant.»
Deux ans de reconstruction
Si Ambri-Piotta ne parvient pas à atteindre le play-in, serait-ce un échec ou simplement une étape dans le développement du club? «Nous ne pouvons pas faire pire que la saison qui vient de se terminer. Si nous nous battons, si nous patinons tous ensemble et que l’équipe joue avec son cœur, nous pourrons obtenir de belles satisfactions.»
Quatre nouveaux étrangers rejoindront l’effectif, choisis en étroite collaboration avec Tapola, qui imprime également sa marque sur la préparation estivale. «Développer une philosophie demande du temps. Nous n’avons jamais dit que la première année serait une saison de transition. L’idée est de poursuivre la reconstruction pendant deux ans afin d’arriver, à la quatrième année du projet, dans une position favorable au classement.» Le travail ne manque pas pour Weibel. L’ancien gardien de Lugano possède un profil très différent de celui de son prédécesseur, Paolo Duca. Mais cela ne remet aucunement en question ses compétences. Au contraire, son expérience avec l’équipe nationale suisse ainsi que dans le développement des jeunes talents pourrait constituer un atout majeur pour l’avenir d’Ambri-Piotta.





















































