Pendant deux ans, le EHC Bienne a vécu sur le souvenir de sa finale de National League de 2023. Depuis, les Seelandais ont alterné les coups d’éclat et les désillusions, jusqu’à manquer les playoffs cette saison. Un constat qui a poussé le directeur sportif Martin Steinegger à agir. À deux mois de la reprise du championnat, le message envoyé par le club est clair: il n’est plus question de transition. Bienne veut redevenir un candidat crédible au top 6.
La bonne nouvelle pour les supporters biennois est que les fondations n’ont pas bougé. Dans les buts, Harri Säteri reste l’un des gardiens les plus fiables de National League. À 36 ans, le Finlandais demeure capable de voler des matches à lui seul. Derrière lui, l’arrivée de Viktor Östlund en provenance de La Chaux-de-Fonds apporte une concurrence bienvenue et une sécurité supplémentaire en cas de blessure. En défense, Bienne conserve plusieurs cadres expérimentés avec Robin Grossmann, Dario Trutmann, Miro Zryd et Yanik Burren. Le retour du défenseur bâlois Cédric Aeschbach doit permettre au secteur défensif de gagner en mobilité et en impact physique, malgré la résiliation inattendue du contrat de Rodwin Dionicio pour certains manquements.
Le recrutement du Suédois Victor Söderström constitue sans doute le mouvement le plus important de l’été. Ancien choix de premier tour en NHL, passé par les Arizona Coyotes puis l’organisation des Boston Bruins, le défenseur de 25 ans arrive avec l’ambition de relancer sa carrière européenne. À Bienne, il devra remplacer une partie de la production et du temps de glace laissés vacants par plusieurs départs étrangers. S’il retrouve le niveau qui avait fait de lui l’un des plus grands espoirs du hockey suédois, Bienne pourrait avoir réalisé l’un des meilleurs coups du mercato suisse.
Plus de profondeur en attaque
Devant, les dirigeants ont cherché à corriger un problème identifié depuis plusieurs mois: le manque de constance offensive. Le Canadien Andrew Agozzino débarque avec une solide réputation de producteur en AHL. À 35 ans, l’ancien attaquant de Tucson devra apporter des points mais aussi de l’expérience à un vestiaire qui en aura besoin lors des moments chauds de la saison. L’autre arrivée majeure se nomme Dominic Zwerger. L’international autrichien sort de plusieurs saisons convaincantes à Ambri-Piotta et doit offrir davantage de profondeur offensive derrière les leaders habituels. Car le poids de l’attaque reposera encore largement sur les mêmes hommes: Gaëtan Haas, Toni Rajala, Lias Andersson, Marcus Sylvegård ou encore Johnny Kneubuehler. Sur le papier, le potentiel offensif existe. La question est désormais celle de la régularité.
L’un des aspects les plus intéressants du contingent concerne peut-être la nouvelle génération. Leo Braillard, Nolan Cattin, Guillaume Kaser, Jamie Villard, Manuel von Rohr ou Jonah Neuenschwander représentent l’avenir du club. Plusieurs d’entre eux devraient obtenir davantage de responsabilités cette saison. Cette évolution correspond à la philosophie mise en place par Steinegger: conserver une base expérimentée tout en intégrant progressivement les meilleurs jeunes talents suisses.
Un effectif pour le top 6?
La grande interrogation reste là. Sur le papier, Bienne semble plus équilibré qu’il y a douze mois. La défense a été rajeunie, l’attaque renforcée et le poste de gardien demeure une valeur sûre. Mais la concurrence ne cesse d’augmenter en National League. Zurich, Lausanne, Fribourg-Gottéron, Berne, Zoug ou Davos disposent tous d’effectifs capables de viser les premières places. Pour le EHC Bienne, l’objectif minimal sera donc de retrouver les playoffs sans passer par les barrages du play-in. Tout autre scénario serait perçu comme une nouvelle déception. Après plusieurs mois de reconstruction et un été marqué par des ajustements ciblés, les excuses commencent à disparaître. La saison 2026/27 doit être celle du retour parmi les prétendants.





















































