Personne ne l’avait vu venir. En l’espace de quelques jours, deux des figures les plus importantes du EV Zug ont quitté le navire. D’abord le directeur sportif Reto Kläy, puis le directeur général Patrick Lengwiler. Deux départs qui ressemblent moins à une simple réorganisation qu’à un changement profond de gouvernance. À première vue, le club assure que tout est sous contrôle. Le poste de directeur sportif a déjà été confié à Ted Suihkonen, un homme de la maison qui connaît parfaitement l’environnement zougois. Mais dans les coulisses, les interrogations se multiplient. Au point que l’on se demande aujourd’hui si l’entraîneur engagé du EHC kloten il y a quelques semaines, Lauri Marjamäki, n’est pas lui aussi désormais sur le ballant. La rumeur…
Selon plusieurs observateurs proches du dossier, dont notre confrère Klaus Zaugg de Watson, les divergences ne portaient pas tant sur les résultats que sur la direction à donner au projet zougois. Depuis plusieurs années, le centre de performance OYM est devenu l’élément central de l’identité du club. Cette structure ultramoderne, financée et portée par le président Hans-Peter Strebel, repose sur une approche scientifique extrêmement poussée de la préparation physique, de la nutrition et du suivi des joueurs. Un modèle admiré par certains, contesté par d’autres. En interne, plusieurs voix estimeraient que cette philosophie occupe désormais une place prépondérante dans toutes les décisions sportives. Kläy aurait fait partie de ceux qui souhaitaient davantage d’équilibre entre les données, la science et l’expérience traditionnelle du terrain.
Mais le véritable choc est intervenu avec le départ de Lengwiler. Présent au club depuis près de trois décennies, il incarnait une part essentielle de la réussite zougoise. Des équipes de jeunes jusqu’à la direction générale, il a accompagné chaque étape de la transformation du EVZ en organisation de référence. Son influence dépassait largement le cadre sportif. Développement des infrastructures, professionnalisation du club, gestion stratégique. Beaucoup voient plutôt le symptôme d’un rééquilibrage des pouvoirs au sommet du club. Plus le projet OYM gagne en influence, plus le pouvoir décisionnel semble se concentrer autour de Hans-Peter Strebel, principal investisseur de l’organisation. Cette concentration du pouvoir suscite des questions. Les changements ne semblent pas dictés par une urgence sportive ou économique, mais par une volonté de redéfinir l’équilibre des forces au sein de l’organisation. Voilà qui ne peut faire que des vagues.





















































