Davos
Filippo Frizzi
Le premier sacre, c’est comme le premier amour: impossible à effacer de la mémoire. Quarante ans après avoir vécu celui de Lugano en mars 1986, lorsqu’il avait conquis son tout premier titre de champion suisse, l’auteur a ressenti jeudi soir une émotion comparable. Cette fois, c’est Fribourg-Gottéron qui a écrit la plus belle page de son histoire en remportant, le 30 avril, son premier championnat national. Une date que de nombreux supporters fribourgeois ne sont pas près d’oublier.
Les Dragons avaient pourtant idéalement lancé leur finale en prenant rapidement deux longueurs d’avance. Mais avec le temps, l’adversaire a repris la maîtrise du jeu. Le score s’est resserré avec le 1-2, avant que l’égalisation ne tombe à quelques minutes seulement de la sirène finale. Tout s’est donc joué dans une prolongation supplémentaire. Pour la quatrième fois en sept matches dans cette série, il a fallu passer par l’overtime. Et pour la première fois de son histoire, Fribourg est sorti vainqueur. Même les grandes équipes emmenées autrefois par Slava Bykov et Andrei Khomutov n’y étaient pas parvenues. Cette fois, les hommes de Roger Rönnberg ont trouvé la faille grâce à un but en supériorité numérique signé Lucas Wallmark. Souvent discuté, le Suédois quitte désormais Gottéron avec un statut de héros.
Dans les tribunes, le spectacle avait commencé bien avant le puck initial. Chorégraphies des fans fribourgeois, tension palpable, supporters visiteurs ralentis sur la route de Davos: tous les ingrédients d’une grande soirée étaient réunis.
En prolongation, le silence habituel n’a pas existé. L’émotion a pris le dessus sur toutes les conventions. Au moment du but décisif, la tribune fribourgeoise a explosé. Des anciens en pleurs, des jeunes ivres de bonheur, des embrassades partout. Une scène rare, puissante, historique. Les célébrations ont démarré immédiatement à Davos, mais tout le monde savait déjà qu’elles se poursuivraient à Fribourg. De Pérolles jusqu’à la BCF Arena, le canton entier s’est préparé à célébrer ses héros. Et connaissant les Fribourgeois, la fête ne risque pas de s’arrêter de sitôt.






















































