Depuis sa remontée en National League en 2021, le HC Ajoie a vécu avec la même réalité: lutter pour éviter la dernière place. Saison après saison, les Jurassiens ont bataillé avec leurs moyens face à des adversaires souvent plus riches et plus profonds.
Mais quelque chose semble avoir changé cet été. Sous l’impulsion de Julien Vauclair et du nouvel entraîneur finlandais Ville Peltonen, Ajoie présente probablement l’effectif le plus ambitieux de son histoire récente. Pas assez pour viser les sommets, certes. Suffisamment pour espérer regarder un peu plus haut que le fond du classement.
Un chantier important concernait le poste de gardien. Avec le départ de plusieurs portiers utilisés ces dernières saisons (Ciaccio, Conz), les dirigeants ont décidé de miser sur Antoine Keller. À 21 ans, l’international franco-suisse reste l’un des gardiens les plus prometteurs du pays. Son nom figure toujours dans l’organisation des Washington Capitals et son développement a été suivi de près ces dernières années. À ses côtés, Tim Wolf apporte son immense expérience de la National League tandis que Noah Patenaude, toujours là, continue sa progression.
Mouvement important: les frères Honka vont jouer ensemble dans le Jura. C’est probablement le dossier qui a fait le plus parler au printemps. L’ancien défenseur NHL Julius Honka doit devenir le patron de la défense ajoulote. Son expérience internationale et sa qualité de relance représentent un luxe inhabituel pour le club jurassien. Son frère Anttoni apporte lui aussi une solide expérience de Liiga et un profil plus offensif. Autour d’eux, Kevin Fey, Jesse Zgraggen, Valentin Pilet, Yonas Berthoud, Gaël Christe ou Matthew Kellenberger devront apporter la stabilité nécessaire. Sur le papier, la défense paraît plus mobile et plus technique que lors des dernières saisons.
Une attaque bâtie autour des Finlandais
Le recrutement porte sans doute aussi la marque de Ville Peltonen. Jamais Ajoie n’avait compté autant de joueurs finlandais dans son contingent. Julius Nättinen, Kristian Tanus et Jerry Turkulainen forment un noyau offensif capable d’apporter beaucoup de créativité. Le Letton à licence suisse Deniss Smirnovs constitue également une arrivée intéressante après plusieurs saisons solides. Mais le véritable visage de l’équipe reste Philip-Michaël Devos. À 36 ans, le Canadien demeure l’âme offensive du HC Ajoie. Chaque saison ou presque, il continue de porter une énorme partie de la production offensive jurassienne. Au-delà des étrangers, le club continue de s’appuyer sur son noyau suisse. Lilian Garessus, Nolan Diem, Louis Robin, Christophe Cavalleri, Cole Cormier, Jeremi Gerber ou Kyen Sopa et de nombreux jeunes représentent l’identité locale que les supporters apprécient tant. Le mélange entre joueurs formés dans la région et renforts étrangers ciblés reste au cœur de la philosophie du club.
Alors, le play-in, enfin un objectif réaliste? La grande question est là. Ajoie possède-t-il enfin les armes pour quitter la dernière place? La réponse dépendra en grande partie de la réussite des nouveaux étrangers. Si les Finlandais répondent aux attentes, si Keller franchit un cap dans sa carrière et si les cadres restent en santé, les Jurassiens peuvent légitimement rêver du play-in. Bien sûr, le budget reste l’un des plus modestes de National League. Bien sûr, la profondeur n’est pas comparable à e nombreuses formations de l’élite. Mais pour la première fois depuis plusieurs années, le HC Ajoie semble disposer d’un contingent capable de gagner davantage de matches qu’il n’en perd sur le papier. À Porrentruy, les Jurassiens veulent enfin commencer à exister.





















































